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Thérapeutique Pluridisciplinaire
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troubles de la sexualité, difficultés sexuelles

La sexualité et ses troubles

Par Alexander Nicholls et Bernard Grosjean,
sexologues et hypnothérapeutes.


La sexualité humaine a pour particularité d'être fortement dépendante de l'apprentissage et de l'environnement. La sexologie contemporaine appréhende d'ailleurs la sexualité comme un phénomène bio-psycho-social.
La sexualité est, en effet, une réalité multidimensionnelle : elle implique une dimension biologique (prédispositions génétiques, hormones, anatomie...), une dimension psychologique (construction personnelle, cognitions, affects, identité de genre, orientation sexuelle, fantasmes, inhibitions...) et une dimension sociale ou socioculturelle (rôles sexués, statut social, rituels, religion, morale, normes, éducation sexuelle...). En présence d'un symptôme, le sexologue s'interrogera sur les différentes causes possibles : un problème d'ordre médical, un mauvais apprentissage, un tabou social, un manque de confiance en soi, etc.
 
Mais avant d'évoquer les différents troubles de la sexualité, attardons nous sur la réponse sexuelle chez l'homme et la femme. 

La réponse sexuelle

Le stimulus peut être d'origine psychologique (visuel, auditif, fantasme...) ou mécanique (stimulation de la zone génitale). Quant au désir, il peut dépendre également de facteurs psychologiques mais aussi physiologiques (hormones, état général...).

La réponse sexuelle se divise en quatre phases. 

Chez la femme 

1) Excitation 
Précédée par le désir au niveau du cerveau (premier organe sexuel chez l'humain), l'excitation se manifeste au niveau génital : les tissus éréctiles de la vulve commencent à se remplir, le clitoris gonfle, ainsi que les petites lèvres, tandis que les grandes lèvres s'aplatissent. Le vagin commence à lubrifier et l'utérus s'élève. 

2) Plateau
Le vagin prend une forme de poire : le premier tiers se resserre et les deux-tiers postérieurs s'élargissent. Le vagin passe en moyenne de 8 cm au repos à 12 cm en état d'excitation. Le clitoris se rétracte et s’enfuit sous son capuchon. 

3) Orgasme 
L’orgasme est également accompagné d'une série contractions au niveau du muscle du périnée. Elles s’accompagnent parfois de contractions utérines. L'orgasme varie en intensité selon l'état d'esprit, le degré d'excitation et le type de stimulation. 

4) Résolution
Le vagin, le clitoris et l'utérus retrouvent leur position de repos et leur forme initiale. Les tissus érectiles se vident lentement de leur sang ; le clitoris retrouve son état initial en 10 à 20 secondes après l'orgasme et la détente des autres organes prend 15 à 30 minutes. 
 
Chez l'homme

1) Excitation 
Précédée par le désir au niveau du cerveau, l'excitation se manifeste au niveau génital : érection du pénis, resserrement de la peau du scrotum et élévation des testicules.

2) Plateau 
L'érection se maintient, le gland s'assombrit, les testicules s'élèvent et la prostate s'élargit. 

3) Orgasme  
L'orgasme chez l'homme correspond, en règle générale, à l'éjaculation et se caractérise par une série de contractions, notamment au niveau du pénis permettant l'expulsion du sperme.  

4) Résolution et phase réfractaire 
Le pénis retourne à son état flacide, les testicules reprennent leur position initiale. La résolution s'accompagne d'une période réfractaire au cours de laquelle la tension sexuelle doit baisser avant qu'il soit possible d'avoir une autre érection. Cette période réfractaire varie selon les individus (de quelques minutes à plusieurs jours) et fortement corrélé à l'âge et de la condition physique du moment.

Les troubles sexuels

Les troubles de la sexualité sont relativement fréquents, tant chez les hommes que chez les femmes. L'origine peut être physiologique, psychologique ou mixte. Selon le cas, le traitement sera bio-sexologique (médical) et/ou psycho-sexologique.

On peut différencier plusieurs types de troubles sexuels : 
  • Les troubles du désir se retrouvent tant chez les femmes que chez les hommes.
    • Trouble du désir sexuel hypoactif : peu ou pas de fantasmes sexuels, de désir de s'engager dans une activité sexuelle (masturbation ou rapport sexuel). 
    • Trouble du désir sexuel hyperactif : fantasmes, pulsions sexuelles et comportements sexuels récurrents et intenses, prenant un temps excessif, pouvant ou non répondre à des évènements stressants de la vie. 
Précisons que le désir chez l'humain varie fortement d'un individu à l'autre et peut fluctuer selon les circonstances. Un désir sexuel hypo- ou hyperactif ne devient un "trouble" que lorsque la personne ou le couple souffre de la situation.
  • Les troubles sexuels chez la femme
    • Les troubles de l'excitation : peu ou pas de plaisir ou d'excitation pendant les rapports sexuels, peu ou pas de réponse aux stimuli sexuels ou érotiques ; se traduit par l'absence de réaction physiologique au niveau génital.
    • Les troubles de la pénétration 
      • vaginisme : spasme involontaire d'origine psychologique, répété ou persistant, de la musculature du tiers externe du vagin perturbant ou empêchant la pénétration. 
      • dyspareunie : douleurs génitales lors de la pénétration. Peut être d'origine physiologique (irritation, inflammation, vestibulite...) ou psychologique (manque d'excitation, peur...). 
    • Les troubles de l'orgasme
      • anorgasmie coïtale : l'orgasme peut être atteint lors de la masturbation ou d'autres activités sexuelles (cunnilingus...) mais non lors de la pénétration. 
      • anorgasmie totale : l'orgasme n'est pas atteint quelle que soit la pratique sexuelle.
  • Les troubles sexuels chez l'homme 
    • Les troubles de l'érection ou dysfonction érectile : la difficulté peut se situer au niveau de l'obtention d'une érection, de son maintien (par exemple, lors de la pénétration), ou consister en une rigidité présente mais diminuée.
    • Les troubles de l'éjaculation
      • éjaculation prématurée : éjaculation avant pénétration (ante portas) ou durant la première minute après pénétration, ceci de manière involontaire. Non citée dans le DSM, l'éjaculation rapide concerne les hommes pouvant se maintenir plus d'une minute mais éjaculant rapidement (1 à 3 minutes) sans pouvoir différer. 
      • éjaculation retardée ou tardive : retard marqué de l'éjaculation (au delà de 25 minutes), sans possibilité de la provoquer. 
      • anéjaculation : absence d'éjaculation ne s'expliquant pas par une origine physiologique (par exemple, il convient d'exclure l'éjaculation rétrograde où le sperme remonte vers la vessie en raison d'un relâchement du sphyncter).
Bien que l'on opère une distinction entre les troubles sexuels masculins et féminins, ceux-ci comportent des similitudes : le trouble de l'excitation chez la femme (absence de réaction génitale telles que lubrification vaginale, érection du clitoris, élargissement du vagin) correspond au trouble de l'érection chez l'homme, tandis que les troubles de l'éjaculation chez l'homme (précoce, retardée, absente) correspond au troubles de l'orgasme chez la femme. La différence se situe surtout au niveau de la fréquence de ces troubles : ainsi, si l'orgasme précoce existe chez la femme, il est bien plus fréquent que son orgasme soit retardé, tandis que beaucoup d'hommes souffrent d'éjaculation précoce et relativement peu d'éjaculation retardée ou d'anéjaculation.


Le DSM-V et les troubles sexuels

  • Le DSM-V considère le trouble avéré lorsqu'il survient au moins 75% du temps, lorsqu'il est présent depuis au moins 6 mois et lorsqu'il ne peut pas être expliqué par une condition médicale (exemple : trauma médullaire, diabète...) ou la prise d'un médicament.  
  • Il distingue le caractère primaire ou secondaire du trouble sexuel (à savoir qu'il est présent depuis toujours ou s'il est survenu après une période sans ce trouble), ainsi que son caractère généralisé ou situationnel. 
  • Le DSM-V recense également les troubles paraphiliques. Si la paraphilie en elle-même (par exemple, le fétichisme, le sado-masochisme...) n'est plus considérée comme un trouble mental, elle le devient lorsqu'elle est associée à une souffrance pour la personne ou à une altération du comportement social (exemple : la pédophilie). 
  • Autrefois considérée comme une paraphilie, l'homosexualité a été retirée du DSM-III en 1987, à l'exception de l'orientation sexuelle égodystonique, à savoir mal vécue par la personne. 

Pour en savoir plus sur les troubles sexuels :

  • L'anorgasmie 
  • Le vaginisme et la dyspareunie (à venir) 
  • L'éjaculation prématurée 
  • L'éjaculation tardive et l'anéjaculation (à venir) 
  • Les troubles du désir (à venir) 
  • L'addiction sexuelle (à venir)  


Consulter un sexologue, un psychologue ou un psychanalyste peut aider à mieux se connaître et par conséquent à se sentir mieux avec soi-même, son corps, ses fantasmes et sa sexualité en général.

Sexologues, psychologues et psychanalystes du CATP prenant en charge les femmes, les hommes et les couples souffrant de difficultés sexuelles:

Pour une approche comportementale et/ou par hypnose par un(e) sexologue

French and English.

Pour une approche psycho-sexologique par un(e) psychologue

Psychoanalytical approach for sexual difficulties

Therapy in English, German, Russian, Polish and Hebrew.

Dossier Sexologie
Auteurs
Bibliographie
  • American Psychiatric Association (2013), The Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.), Washington.
  • LANGIS, Pierre et Bernard GERMAIN (2010), La sexualité humaine, De Boeck & Larcier, Bruxelles.
  • LOPÈS, Patrice et François-Xavier POUDAT (2007), Manuel de sexologie, Masson, Paris.