En Belgique, le harcèlement moral au travail répond à une définition légale précise :
« Le harcèlement moral au travail est un ensemble abusif de plusieurs conduites similaires ou différentes, qui se produisent pendant un certain temps, et qui ont notamment pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’un travailleur, de mettre son emploi en péril ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »
Un élément est particulièrement important dans cette définition : il faut regarder l’ensemble de la situation.
Une remarque blessante, prise isolément, ne constitue pas nécessairement du harcèlement. Mais si les remarques se répètent, que la personne est ensuite écartée de certaines réunions, qu’on ne lui transmet plus les informations dont elle a besoin, que son travail est systématiquement dévalorisé ou que ses responsabilités lui sont progressivement retirées, une dynamique différente peut apparaître.
Les comportements ne doivent donc pas nécessairement être identiques. C’est même l’une des difficultés du harcèlement : chaque événement pris séparément peut parfois trouver une explication, alors que leur accumulation, leur répétition et leur évolution dans le temps révèlent une tout autre situation.
Mais attention, cela ne signifie pas qu’il faut attendre qu'un comportement grave se répète avant de réagir : un acte isolé peut lui aussi faire du mal et être inacceptable. S’il ne permet pas, à lui seul, de parler de harcèlement moral, il peut notamment relever de la violence au travail, elle aussi visée par la législation belge sur le bien-être au travail.
Une agression, une menace ou un autre comportement grave ne devient donc pas acceptable parce qu’il ne s’est produit « qu’une fois ».
La répétition est importante pour identifier le harcèlement. Elle ne doit jamais devenir une raison d’attendre avant d’agir face à un acte grave.